ROMAIN PHILIPPON

of sharks and men

Twenty attacks since 2011, including eight deadly. On the island of Reunion, sharks have become the public enemy n ° 1, that of surfers and pleasure boatersespecially. It has deeply divided the inhabitants of the island, between the proponents of fishing that must eradicate the sharks and those who consider it useless and amoral.

In fact, what observers have called the "shark crisis" is especially the relationship that man has with his environment. Because a Nature Reserve was created in 2007 in the West of the island to protect the degraded coral reef, which is also the only part of the island accessible to seaside recreation, it was quickly accused of serving as "a food cupboard" to sharks by surfers and tourism professionals. Therefore, and this is a paradox if we consider the image of the surfer favoring a harmonious relationship to nature, two conceptions of the ocean are opposed between those who think it as an element remaining more or less wild and those who conceive it as an "amusement park". But, to explain the presence of bulldog or tiger sharks, hitherto little present along these shores, scientists advance other hypotheses, all related to human activity: firstly, the disappearance of reef sharks - probably decimated by the overfishing of the species – which would leave empty an ecological nichein favor of these big predators. Then, the rejection of sewage that accompanies the galloping urbanization of this coast would favor the attraction of animals that appreciate turbid waters. Finally, they evoke the consequences of the "water shift", a vast project that consists in capturing four rivers on the very wet East side, to transport them through underground galleries to the West savannah land, to irrigate sugar cane fields and quench the thirst ofthe settlements that devour the slopes. As a result, freshwater streams into the ocean, degradingthe coral and may attract the bulldog shark who likes freshwater

If we add that the tension born from these attacks has revived the stereotype about the idigenous population who prefer « the high grounds » and who are supposed to be afraid of the ocean while sea sports are privileged by the metropolitain French, then we can see that this « shark crisis » is closely linked to man’s influence on this island that was just an uninhabited confetti in the Indien Ocean. This is what this photographic work would like to show over several years.

Vingt attaques depuis 2011, dont huit mortelles. Sur l’île de La Réunion, le requin est devenu l’ennemi public n°1, celui des surfeurs et des plaisanciers surtout. Il a profondément divisé les habitants de l’île, entre les tenants d’une pêche qui doit éradiquer les squales et ceux qui la jugent inutile et amorale.
De fait, ce que les observateurs ont appelé la « crise requin » est surtout celle des relations que l’homme entretient avec son environnement. Parce qu’une réserve naturelle fut crée en 2007, à l’ouest de l’île, pour protéger la barrière corallienne dégradée qui est aussi la seule partie de l’île accessible aux loisirs balnéaires, elle fut vite accusée de servir de « garde-manger » aux requins par les surfeurs et les professionnels du tourisme. Dès lors, et c’est un paradoxe si l’on considère l’image du surfeur privilégiant un rapport harmonieux à la nature, deux conceptions de l’océan s’opposent entre ceux qui le pensent comme un élément demeuré plus ou moins sauvage et ceux qui le conçoivent comme un « parc d’attraction ». Mais, pour expliquer la présence des requins bouledogues ou tigres, jusqu’alors peu présents le long de ces rivages, les scientifiques avancent d’autres hypothèses, toutes liées à l’activité humaine : d’abord, la disparition des requins de récif – sans doute décimés par la surpêche de l’espèce – laisserait vide une niche écologique au profit de ces gros prédateurs. Ensuite, le rejet des eaux usées qui accompagne l’urbanisation galopante de cette côte favoriserait l’attraction d’animaux qui apprécient les eaux turbides. Ils évoquent enfin les conséquences du « basculement des eaux », vaste projet qui consiste à capter quatre rivières du côté Est, très humide, pour les transporter par des galeries souterraines jusque dans l’Ouest, terre de savane, afin d’irriguer des champs de canne et d’abreuver les agglomérations qui dévorent les pentes. Conséquences : les eaux douces ruissellent vers l’océan, altèrent le corail et pourraient attirer le bouledogue amateur d’eau douce.
Si l’on ajoute que les tensions nées de ces attaques ont ravivé quelques clichés sur les autochtones préférant les « hauts de l’île » et supposés craindre la mer alors que les loisirs nautiques seraient l’apanage des métropolitains, on voit bien que cette « crise requin » est étroitement liée à l’empreinte de l’homme sur cette île qui fut longtemps un confetti désert posé sur l’Océan indien. C’est ce que voudrait montrer ce travail photographique qui court sur plusieurs années.

Elio 's father, at home. Elio died when he was 13, from a shark attack.  

During Elio's ceremony, on the beach of Boucan Canot.

Intensive agriculture could be one of the origins of the crisis. Too much irrigation made the ocean water softer for the sharks.

The mayor of Saint-Leu, a costal town of the island, became very famous during this crisis.