ROMAIN PHILIPPON

victor

I was lucky to be present the day Victor was born, in Paris. So I was one of the first people to photograph him after his parents.

Victor is one of those kids who takes time to be approached. Since we did not see each other very regularly, I always found it difficult to communicate with him. Surely because I have always been afraid of becoming that boring adult, seen rarely and who wants to catch up every time he sees you. A very uninteresting old uncle.

It seems to me that photographing Victor has been my method of approach in some way. The opposite of what I usually do in photography. I watched him eat, play, disarticulate, move and cry. So I watched him growing up, by photographing him.

At the same time that I was learning with my daughter, who was born a month later than him, I was learning with Victor to observe childhood.

Lorsque Victor est né, j’ai eu la chance d’être présent, à Paris. J’ai donc fait partie des premières personnes à le photographier, après ses parents. Victor est de ces enfants qui prennent du temps pour vous apprivoiser. Puisqu’on ne se voyait pas très régulièrement, j’ai toujours trouvé délicat d’échanger avec lui. Sûrement car j’ai toujours eu peur de devenir pour lui cet adulte chiant, qu’on voit peu et qui veut rattraper son retard à chaque fois qu’il vous voit. Ce vieux tonton bien lourdingue. Il me semble que photographier Victor a été ma méthode d’approche en quelque sorte, ou d’apprentissage. Tout l’inverse de ce que je fais habituellement en photographie. Je l’ai observé manger, jouer, se désarticuler, s’agiter et pleurer. Je l’ai observé grandir ainsi, en le photographiant. En même temps que je l’apprenais avec ma fille, qui était née un mois plus tard que lui, j’apprenais avec Victor à observer l’enfance.